La pêche traditionnelle d'Erquy

On retrouve des traces d’activités de pêche sur le port d’Erquy depuis le moyen-âge. Il faut distinguer 2 types de pêches : la pêche résultante des « pêcheries » et la pêche résultante de la pêche en mer.

Les pêcheries terrestres

Les pêcheries sont des espaces clos artificiellement sur le domaine marin, à proximité des côtes, où le poisson se retrouve piégé lorsque la marée redescend. Les pêcheurs peuvent alors se déplacer à pied à l’intérieur de la pêcherie pour y attraper le poisson.

A Erquy, de nombreuses pêcheries ont existé, comme à Follet, à la pointe de la Houssaye ou à la Bouche (Val Godenet). D’abord propriétés privées de la seigneurie de Lamballe qui les loue (« affermage »), selon l’époque, aux habitants d’Erquy, ces pêcheries sont ensuite transférées au 18ème siècle au domaine public et placées sous le contrôle de l’Amirauté de Saint-Brieuc. Ces pêcheries deviennent alors collectives et prennent le nom d’ « écluses ». Un rapport fait alors état de 11 parcs en pierre le long du littoral d’Erquy. Ce sont ces pêcheries que l’on retrouve au 19ème siècle.

Les pêcheries sont associées à des sècheries, qui recevaient aussi bien les poissons des pêcheries mais aussi ceux des pêches en mer.

A l’heure actuelle ces pêcheries ne sont plus utilisées et sont le plus souvent fortement dégradées.

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Pêcheries au pied de la pointe de la Heussaye
Pêcheries au pied de la pointe de la Heussaye

La pêche en mer

La pêche en mer est pratiquée depuis longtemps à Erquy, mais de manière différente au fil des siècles. Les politiques de l’époque, les ressources naturelles et les choix locaux sont les bases de l’épopée de la pêche maritime à Erquy, qui s’est toujours associée à la culture de la terre.

Avant 1420, la pêche au congre est importante et se pratique « sur les côtes proches de l’Angleterre » (Chauvin), soit probablement Jersey et Guernesey. Les Lieus, Colins et Raies se pêchent également sur toute la côte. Ces prises peuvent être séchées puis expédiées sur un important commerce international. Cette pêche côtière et au large prospère jusqu’au 14ème siècle, puis décline à partir de la seconde partie du 16ème siècle, concurrencée par les armements de Terre-Neuve, mais également probablement du fait d’un désintéressement de la pêche au congre suite à son empêchement par les anglais sur leurs côtes.

Commence alors l’époque de la grande pêche à la Morue à Terre-Neuve, à laquelle participeront activement certains ports de la baie de Saint-Brieuc, comme Dahouët et Binic. Erquy y participa probablement au cours de la première période (1500-1660), mais au cours de la reprise en 1713, elle y participa principalement en tant qu’arrière-port d’embarquement, pour la cuisson des « pains de mer », la préparation des barriques de beurre et viandes salées, la fabrication des matériaux d’avitaillement comme des serpillères ou des cordes. Cependant, à partir de 1770, on peut voir 2 bâtiments de capacité de 55 tonneaux dans le port d’Erquy, destinés à quelques expéditions à Terre-Neuve, mais ils ne semblent pas s’être maintenus bien longtemps.

Entre ces deux périodes de pêche à la morue à Terre-Neuve, la pêche côtière a repris avec la pêche aux « macreaux », considérable à Erquy, qui a lieu au printemps, d’avril à juin.

Au cours du 20ème siècle, les pêcheurs exploitent les gisements de Praires et d’Oursins. Cette pêche est une activité d’appoint jusque dans les années 1970, date de son déclin, probablement dû à sa surexploitation. Parallèlement le gisement Coquille Saint Jacques croît rapidement à partir de 1962 suite à un hiver rigoureux causant la disparition de son principal prédateur, la pieuvre. Dès lors la pêche à la Coquille Saint Jacques devient une des principales sources de revenu du secteur, notamment dans les années 1970.

5 ports se sont succédés dans l’anse d’Erquy

Grand Site Cap d’Erquy Cap Fréhel - Vue sur les ports ...
Vue sur les ports ...

Les ports d’Erquy n’ont pas toujours été ni au même endroit, ni aménagés : le port primitif se serait situé dans la partie sud de la grève du Bourg, abrité des vents du sud-ouest par la pointe de la Heussaye.

Puis, probablement juste après 1420, cette ancienne échaussée fut délaissée au profit de l’ « échaussée neuve » ou « chaussée des roches noires », au pied des « falaises Meloir », attenant au port actuel. Un môle fut construit pour assurer la protection des bateaux de cabotage. Ce port servit jusqu’à la Révolution, malgré sa dégradation inexorable. Puis, du fait de la difficulté d’accès de ce port, un nouveau point d’embarquement fut utilisé, sans aménagement mais protégé des vents d’ouest, à la « Bouche, sous le rocher de Folet, dit aussi « le port de la Noë ».

Au 19ème siècle, pour permettre le mouillage des barques de pêcheur, un troisième port est aménagé : le port de la Vèze. Le quai rendu praticable entraîna la construction de maisons, toutes similaires, pour l’hébergement d’une partie du personnel des carrières, situées sur les hauteurs du cap. Dans les années 30, l’activité de la carrière cesse et le port tombe en léthargie.

Avec la reprise d’activité liée au développement de la pêche aux coquillages, les praires dans un premier temps puis la coquille Saint Jacques, un quatrième port est construit avec toutes les infrastructures nécessaires (criée, bassin de stationnement, ...) dans les années 70.

Depuis, le port a poursuivi son évolution. En 2011, l’inauguration du nouveau port a été réalisée. Avec un investissement de 24 millions d’euros, le port a été agrandi. Les espaces ont été redéfinis ce qui a permis de moderniser et de sécuriser les installations dans le but de soutenir un secteur économique essentiel du territoire.

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