La conchyliculture

La conchyliculture signifie la culture des coquillages, en vue soit de préserver les gisements naturels, soit d’augmenter la production. La France fait partie des tous premiers pays conchylicoles d’Europe en tonnages, et ses principales régions de production sont le Poitou-Charentes et la Bretagne.

6 espèces de coquillages peuvent être élevées, mais en France la plus grande part revient à l’ostréiculture (élevage des huîtres) et la mytiliculture (élevage des moules). C’est le cas sur le territoire du Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel qui dispose de zones très favorables : la baie de la Fresnaye, située entre le Cap Fréhel et Saint-Cast-le-Guildo et la baie de Saint Brieuc.

La baie de la Fresnaye et la baie de Saint Brieuc, deux sites propices à l’élevage des coquillages

Considérée comme l’un des 25 plus grands prés-salés et vasières de France, la baie de la Fresnaye est un espace naturel remarquable qui se vide entièrement à marée basse, découvrant un estran large de 2 km et long de 6 km. Elle se situe entre la Cap Fréhel et la commune de Saint-Cast-le-Guildo. Abritée des vents dominants et des courants, cette baie est une zone de calme et d’eau peu profonde, se réchauffant rapidement, propice au développement du plancton, aliment des animaux filtreurs et à la base de la chaîne alimentaire. L’activité conchylicole de la baie de la Fresnay regroupe 32 concessionnaires et représente 27 foyers.

 

De la même manière, la baie de Saint Brieuc est la cinquième au monde pour l’amplitude de ses marées. Entre flot et jusant, la mer peut se retirer à plus de sept kilomètres et découvre une surface de plus de 900 hectares de vasières. Ces caractéristiques font de la baie de Saint Brieuc, un site privilégié pour la conchyliculture. L’activité conchylicole regroupe 20 entreprises qui engendrent 66 emplois directs.

La mytiliculture

Ligne des bouchots ...
Ligne des bouchots ...
Naissain en attente ...
Naissain en attente ...

La production française de moules est la 3ème d’Europe, avec 60 000 tonnes par an. Les principaux sites d’élevage sont situés en Normandie, Bretagne (nord principalement), Vendée, Charente et Méditerranée.

Première activité conchylicole du Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel, la culture de la moule est apparue dans les baies de la Fresnaye et de Saint Brieuc en 1960, suite à une maladie qui toucha la production charentaise nécessitant de nouvelles zones d’implantation. Aujourd’hui ce sont 21 kilomètres de bouchots (pieux enfoncés dans les fonds au tiers de sa hauteur) pour la baie de la Fresnaye et 93 kilomètres pour la baie de Saint-Brieuc qui accueillent et voient grossir les jeunes moules jusqu’à leur taille adulte. Les premiers élevages de moules sur pieux remontent au 13ème siècle, puis les exploitations s’agrandissent et s’organisent avec l’évolution des techniques.

La moule est un mollusque bivalve qui se nourrit en pompant l’eau de mer (parfois jusqu’à 15 litres par heure) pour en filtrer les microparticules vivantes flottantes, le plancton. A la différence de l’huître elle n’est pas hermaphrodite, mais à sexe séparé, et la ponte se déroule au printemps, de mars à mai. Il existe deux espèces de moules en France : Mytilus edulis, la plus répandue, et Mytilus gallo provincialis que l’on trouve principalement en Méditerranée.

La méthode d’élevage consiste en 3 grandes étapes: le captage des larves, le grossissement sur les bouchots, et la vente.

Le captage consiste en la pose de collecteurs, cordes en fibres végétales (chanvre ou coco), à proximité des zones de reproduction à la saison venue. Les larves flottantes, alors à la recherche d’un support pour leur développement, viennent s’y accrocher. Dès que les larves sont recouvertes de leur gangue noire (jeune coquille), elles sont enroulées en spirales sur des pieux de chêne de 5 à 6 mètres, les bouchots, qui sont alignés en rang de plusieurs dizaines de mètres. Protégées par un filet, elles vont grossir jusqu’à l’âge adulte, pour être récoltées (à l’aide d’un bateau amphibie) et commercialisées après 16 mois de croissance.

L’ostréiculture

La France est le premier pays producteur d’huîtres d’Europe avec une moyenne de 130 000 tonnes par an d’huîtres creuses et 1 750 tonnes d’huîtres plates. Les grands bassins de production sont la Basse-Normandie, La Bretagne, le nord de la Charente, Marennes-Oléron, Arcachon, et la Méditerranée.

Sur le Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel, l’ostréiculture est une activité secondaire à la mytiliculture. Elle représente un complément d’activité pour les mytiliculteurs s’ils ont un mauvais rendement sur les bouchots. Actuellement l’activité s’étend sur 21 hectares en baie de la Fresnaye et 109 hectares en baie de Saint Brieuc, de concession sur le domaine public maritime.

Les huîtres sont des mollusques bivalves filtreurs, hermaphrodites, qui peuvent changer de sexe plusieurs fois au cours d’une saison. La ponte a lieu l’été, soit à l’extérieur de la coquille pour l’huître creuse (expulsion de la laitance), soit à l’intérieur de la coquille pour l’huître plate qui conserve ses œufs fécondés à l’intérieur, dans une « chambre ».

2 espèces d’huîtres sont élevées en France : l’Huître creuse (Crassostrea gigas), la plus commercialisée, issue de gisements japonais et introduite en France en 1977, et l’Huître plate (Ostrea edulis), indigène de nos côtes, moins connue, plus iodée, dont les faibles effectifs ne se retrouvent pratiquement aujourd’hui qu’en baie de Cancale ou en rivière de Belon (d’où son appellation « Belon » dans certaines régions de France, ou « pied de cheval » du fait de sa grande taille).

La méthode d’élevage utilise le même principe que pour les moules : captage des larves, grossissement en poches, et vente.

Le captage : il faut tout d’abord récupérer les larves libres dans l’eau, en leur offrant des supports de fixation déposés au moment des pontes : les collecteurs, composés de tuiles, coupelles ou grilles. Devenu un « naissain », cet ensemble de jeunes huîtres fixées entre ensuite dans une phase de croissance jusqu’à maximum 18 mois. Au cours de cette phase les huîtres sont détachées entre elles (« détroquées ») pour faciliter leur traitement futur.

Ensuite vient l’étape du grossissement : les huîtres sont amenées dans des lieux riches en nourriture, où elles pourront grossir jusqu’à leur deuxième ou troisième année avant leur commercialisation. Elles sont alors mises en poches grillagées, posées sur des tables métalliques surélevées, méthode qui est la plus couramment répandue et adaptée à la houle, aux courants et aux endroits vaseux. Les huîtres ne seront commercialisées qu’à partir de 2 ou 3 ans.

Ces étapes suivent une séquence de répartition géographique bien définie : les meilleurs rendements de captage étant obtenus en Vendée, Charente, et à Arcachon grâce notamment aux températures élevées de l’eau, les naissains sont récupérés chez ces producteurs, qui fournissent l’essentiel des naissains aux productions françaises. Pour le grossissement, les sites particulièrement favorables sont les eaux riches en plancton de la Bretagne et de la Normandie.

 

Infos complémentaires :

L’affinage : en fin de cycle les huîtres peuvent être engraissées ou affinées pour être plus charnues ou goûtues. Elles sont alors transportées dans des zones riches en nourriture et peu salées, comme lorsqu’elles sont mises dans les « claires » (anciens marais salants) à Marennes.

L’huître triploïde : comme son nom l’indique, elle possède des triplets de chromosomes à la place de doublets. Obtenue en écloseries par croisement d’une huître à 4 chromosomes avec une huître à 2 chromosomes, l’huître triploïde a été créée en vue d’obtenir une huître stérile capable d’être mangée en toute saison (absence de laitance en été, souvent peu appréciée) et grossissant plus vite car ne dépensant pas d’énergie pour la reproduction, donc avantageuse pour l’éleveur.

Évolution de la taille des huitres
Évolution de la taille des huitres
Travail sur les parcs
Travail sur les parcs

Une visite d'entreprise pour en savoir plus ...

Au printemps et à l'été, le Grand Site Cap d'Erquy - Cap Fréhel propose des balades "découverte" au milieu des bouchots :

Le temps d’une marée, entrez dans la peau d’un mytiliculteur en accompagnant M. BENOIT dans son bateau amphibie. Au milieu des bouchots, découvrez la culture des moules et observez les gestes du professionnel. De retour à l’atelier, visite des chaînes de tri et dégustation.

Tous publics – Payant – Durée : 4h – Réservation obligatoire
RDV : Parking de la cale des Jospinets (Planguenoual).

 

Pour connaitre les prochaines dates, cliquez ici.

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