La vague de chaleur qui touche la Bretagne ne laisse pas la faune du Cap Fréhel indemne. Louisiane Burkart, chargée d’étude suivi des oiseaux marins du Cap, accompagnée de Killian Marcel, Clara Roy, en mission de service civique, constatent au jour le jour les dégâts observables, sur la faune du Cap.
Les premières observations de terrain réalisées sur le Grand Site, mettent en évidence des conséquences préoccupantes pour les oiseaux marins, en particulier les goélands nicheurs de l’îlot de la Petite Fauconnière.
Une mortalité des jeunes goélands en forte hausse
Sur la même période qu’en 2025, les équipes de terrain ont constaté une mortalité environ deux fois plus élevée chez les jeunes goélands de l’îlot de la Petite Fauconnière.
L’une des causes observées est la disparition très précoce de la végétation qui recouvre le sommet de l’îlot. Brûlée par le soleil, elle n’offre plus les zones d’ombre indispensables aux oisillons. Plusieurs poussins ont ainsi été retrouvés morts dans leur nid, présentant des signes compatibles avec une hyperthermie.
Les adultes, eux aussi confrontés à des températures extrêmes, semblent ne plus pouvoir assurer durablement leur rôle de protection. En période de forte chaleur, ils sont contraints de quitter les nids plus fréquemment et ne peuvent pas toujours rester suffisamment longtemps pour procurer de l’ombre à leurs poussins.
Des adultes eux aussi en difficulté
Les observations de terrain montrent également des goélands adultes en situation de détresse thermique. Contrairement aux mammifères, les oiseaux ne possèdent pas de glandes sudoripares et ne peuvent donc pas transpirer pour évacuer la chaleur.
Pour réguler leur température corporelle, ils adoptent un comportement caractéristique : ils ouvrent largement le bec et respirent rapidement en laissant sortir leur langue, afin de favoriser l’évaporation et le refroidissement de l’organisme. Malgré cette adaptation, certains individus ont été observés en fort état de stress lié à la chaleur.
Une inquiétude pour l’avenir
À ce stade, ces constats concernent les observations réalisées cette année sur le cap Fréhel. Toutefois, la répétition de tels épisodes de canicule suscite une réelle inquiétude.
Si ces vagues de chaleur venaient à se reproduire année après année, elles pourraient accentuer le déclin des populations de goélands, dont les effectifs sont déjà orientés à la baisse à l’échelle de la Bretagne. Une évolution qui rendrait leur situation encore plus préoccupante.
Concernant les alcidés (Guillemots de Troïl et Pingouins torda), les colonies étant sur des versants de falaises exposées plein Est se sont vues se vider plus rapidement qu’ailleurs à cause du temps d’exposition au soleil, pouvant provoquer des départs en mer précipité de poussins plus jeune que d’habitude.
Si les épisodes de fortes chaleurs sont de plus en plus tôt, le succès de reproduction des espèces d’oiseaux marins risque de décliner, pouvant provoquer, à terme, l’abandon des sites actuels et la migration de ces espèces plus au nord.
Une date à noter : le 29 septembre, la présentation des oiseaux et le bilan de reproduction sera présenté en salle, ouverte au public.
Photographies de Killian MARCEL


