Le Cap Fréhel, en site Natura 2000 et au cœur du Grand Site de France est un refuge inestimable pour la biodiversité avec plus de 2000 couples de différentes espèces d’oiseaux marins qui y nichent en 2025 contre 865 il y a une dizaine d’années.
Une progression prometteuse
Chaque année, de mars à août, un suivi scientifique est réalisé pour relever l’effectif reproducteur d’oiseaux marins reproducteurs sur la commune de Plévenon, sur le site du Cap Fréhel. L’occasion de mesurer différents paramètres biologiques nécessaires à la bonne compréhension des dynamiques de populations. Ces suivis régulièrement reconduits depuis les années 1960 sont un livre ouvert sur la connaissance de ces espèces. Données précieusement accumulées qui permettent également de mieux comprendre comment celles-ci subissent ou non l’influence du changement climatique. Pour l’instant les résultats relevés sont encourageants.
Un bilan 2025 solide pour la reproduction des oiseaux marins nicheurs, véritable trésor du site Natura 2000 Cap d’Erquy – Cap Fréhel.
Ce territoire exceptionnel de par la diversité des habitats naturels abrite une faune qu’il faut protéger. Au moins 160 espèces d’oiseaux peuvent être observées par les visiteurs du site et le personnel en charge de l’observation et de l’étude. Le suivi scientifique des oiseaux marins est réalisé dans le cadre d’observatoires des oiseaux au niveau régional et national en partenariat avec de nombreuses structures dont la Région Bretagne, les associations environnementales bretonnes (Bretagne Vivante et le GEOCA) et l’OFB (Office Français pour la Biodiversité) …
L’un des objectifs de Natura 2000 est de favoriser la préservation des habitats naturels et des espèces menacées à l’échelle européenne. L’observation est méthodique et précise afin d’obtenir une vision complète de la population des oiseaux. Des observations de terre, de mer et par drone sont nécessaires. Les données du site sont transmises à Bretagne Vivante qui coordonne l’action et co-rédige un bilan global avec les ornithologues du Syndicat mixte du Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel.
Un portrait de famille au complet et une bonne forme pour 2025, notamment pour les espèces emblématiques : le Pingouin torda et le Guillemot de Troïl.
Ils font partie des oiseaux marins nicheurs les plus rares et menacés de notre pays ! Le comptage des effectifs est difficile de par tous les coins et recoins fréquentés. Pour ces deux espèces de la famille des alcidés la majorité de l’effectif reproducteur français s’y retrouve à la saison des amours (45 % et 85 % des Pingouins et Guillemot de toute la France respectivement). Le bilan de reproduction est très satisfaisant pour ces 2 espèces. Une augmentation de 11,7% du nombre de couples pour le Pingouin torda a été relevée, passant de 123 en 2024 à 137 couples en 2025). Entre 2015 et 2025, la population de cette espèce a augmenté 21% par an en moyenne. La population profite d‘une prédation faible et est donc très dynamique ces dernières années.
Le Guillemot de Troïl poursuit également sa progression colonisant de nouveaux pans de falaises. Les poussins prennent leur envol de mi-juin jusqu’à mi-juillet pour les petits retardataires. 1252 couples ont été recensés en 2025 contre 1096 en 2024, soit une augmentation de 14,4% entre les deux années.
Les effectifs de mouettes tridactyles augmentent largement en 2025 (+20% par rapport à 2024) après plusieurs années d’une relative stagnation. La production en jeune a été considérée comme bonne en 2025, 349 couples ont été comptés (contre 291 en 2024).
Le Fulmar boréal, est réparti de manière éparse sur le Cap, de ce fait, il n’est pas très aisé de les comptabiliser… au moins 3 jeunes à l’envol ont été observés pour 21 couples observés. Cette production est considérée comme mauvaise.
En 2025, le Cormoran huppé a profité du meilleur succès reproducteur jamais enregistré depuis le début de la mise en place des suivis en 1995. Les 143 nids suivis ont permis d’établir un taux de d’échec de seulement 15% des nids (contre 45% en 2024) et une production moyenne de 2,02 jeunes à l’envol par couple.
Pour le Goéland argenté, les 97 nids de la petite Fauconnière sont suivis. Le nombre de couples cartographiés est en baisse par rapport à 2024 (-14 %), il avait déjà baissé de 6% entre 2024 et 2023. C’est la première année depuis 2005 qu’il y a moins de 100 couples sur cette zone. En 2025, la proportion de couples qui échouent dans leur reproduction se situe entre 41% et 43% (contre 32 % à 39 % en 2024). La majorité des couples qui réussissent leur reproduction élève 2 jeunes (55 %).
Enfin, 13 couples de Goélands marins (contre 17 en 2024), 4 couples de Goélands bruns (contre 6 en 2024) complètent le portrait de famille.
Mieux observer les oiseaux avec l’aide des ambassadeur-ices
Lors de vos prochaines balades au Cap Fréhel, vous aurez sans doute l’occasion d’observer ces oiseaux marins en période de reproduction. Si vous êtes observateur, vous verrez que certaines espèces comme le Pingouin Torda et le Guillemot de Troïl maintiennent fébrilement, leur œuf unique entre leurs pattes, sur d’étroits pitons rocheux. Tout dérangement de ces espèces en cette période sensible, peut provoquer la chute de l’œuf, ou du rejeton, merci de respecter leur besoin vital de quiétude.
Pour en savoir plus sur les espèces et mieux les connaître, des sorties découvertes sont organisées par le Syndicat mixte du Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel. Cette année, vous pourrez croiser cinquante ambassadeur-ices, formés par le Grand Site et équipés de longues-vues qui se relaient sur le Cap Fréhel, pour accueillir et renseigner les visiteurs.
Photo de gauche Michel Staïner



