Une progression prometteuse
Chaque année, de mars à août, un suivi scientifique est réalisé pour relever l’effectif reproducteur d’oiseaux marins reproducteurs sur la commune de Plévenon Cap Fréhel. L’occasion de mesurer différents paramètres biologiques nécessaires à la bonne compréhension des dynamiques de populations. Ces suivis régulièrement reconduits depuis les années 1960 sont un livre ouvert sur la connaissance de ces espèces. Données précieusement accumulées qui permettent également de mieux comprendre comment celles-ci subissent ou non l’influence du changement climatique. Pour l’instant les résultats relevés sont encourageants.
Un bilan 2024 solide pour la reproduction des oiseaux marins nicheurs, véritable merveille du site Natura 2000 Cap d’Erquy – Cap Fréhel.
Ce territoire exceptionnel de par la diversité des habitats naturels abrite une faune qu’il faut protéger. Au moins 160 espèces d’oiseaux peuvent être observées par les visiteurs du site et le personnel en charge de l’observation et de l’étude. Le suivi scientifique des oiseaux marins est réalisé dans le cadre d’observatoires des oiseaux au niveau régional et national en partenariat avec de nombreuses structures dont la Région Bretagne, les associations environnementales bretonnes (Bretagne Vivante et le GEOCA) et l’OFB (Office Français pour la Biodiversité) …
L’un des objectifs de Natura 2000 est de favoriser la préservation des habitats naturels et des espèces menacées à l’échelle européenne. L’observation est méthodique et précise afin d’obtenir une vision complète de la population des oiseaux. Des observations de terre, de mer et par drone sont nécessaires. Les données du site sont transmises à Bretagne Vivante qui coordonne l’action et co-rédige un bilan global avec les ornithologues du Syndicat mixte du Grand Site Cap d’Erquy – Cap Fréhel.
Un portrait de famille au complet et une bonne forme pour 20 24 , notamment pour pour les espèces phares : le Pingouin torda et le Guillemot de Troïl.
Ils font partie des oiseaux marins nicheurs les plus rares et menacés de notre pays ! Le comptage des effectifs est difficile de par tous les coins et recoins fréquentés. Pour ces deux espèces de la famille des alcidés la majorité de l’effectif reproducteur français s’y retrouve à la saison des amours (45 % et 84 % des Pingouins et Guillemot de toute la France respectivement). Le bilan de reproduction est très satisfaisant pour ces 2 espèces. Une augmentation de 24% du nombre de couples pour le Pingouin torda a été relevée par rapport à 2022, soit 12% par an (124 couples en 2024 contre 100 en 2022 en moyenne). La population profite d‘une prédation faible et est très dynamique ces dernières années.
Le Guillemot de Troïl poursuit également sa progression colonisant de nouveaux pans de falaises. Les poussins prennent leur envol de mi-juin jusqu’à mi-juillet pour les petits retardataires. 1096 couples ont été recensés en 2024, soit une augmentation de 14% par an entre 2022 et 2024. En comparaison l’effectif nicheur avait augmenté de 22% entre 2021 et 2022.
Les effectifs de mouettes tridactyles profitent d’un très léger regain. La production en jeune a été considérée comme bonne en 2024, 291 couples ont été comptés (contre 276 en 2022).
Le Fulmar boréal, est réparti de manière éparse sur le Cap, de ce fait, il n’est pas très aisé de les comptabiliser… au moins 6 jeunes à l’envol ont été observés pour 17 couples observés. Cette production est considérée comme moyenne à bonne mais reste bien meilleure que les années passées.
Enfin, 17 couples de Goélands marins (contre 14 en 2022), 6 couples de Goélands bruns (idem qu’en 2022), complètent le portrait de famille.
Le Cormoran huppé a profité d’un bon succès reproducteur en 2024 malgré un taux de d’échec de 45% des nids. Sur 131 couples la production moyenne était de 1,05 jeunes à l’envol par couple nicheur.
Pour le Goéland argenté, les 113 nids de la petite Fauconnière sont suivis. Le nombre de couples cartographiés est en légère baisse par rapport à 2023 (-6 %). En 2024, la proportion de couples qui échouent dans leur reproduction se situe entre 32 % et 39 %. La majorité des couples qui réussissent leur reproduction élève 2 jeunes (51 %).
Savoir observer sans déranger
Lors de vos prochaines balades au Cap Fréhel, vous aurez sans doute l’occasion d’observer ces oiseaux marins en période de reproduction. Si vous êtes observateur, vous verrez que certaines espèces comme Pingouin, guillemots et fulmars maintiennent fébrilement, leur œuf unique entre leurs pattes, sur d’étroits pitons rocheux. Tout dérangement de ces espèces en cette période sensible, peut provoquer la chute de l’œuf, ou du rejeton, merci de respecter leur besoin vital de quiétude.

Photographie de gauche : Le Télégramme
Photographies ci-dessous : Timothée D’Abbadie, Louisiane Burkart et Laura Carrier











